Société d'Astronomie du Haut-Léman

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La société - Historique de la SAHL

Les articles et photographies disponibles ci-après présentent quelques éclairages sur la naissance et la vie de la Société d'Astronomie du Haut-Léman.

PériodeSujetRésumé
1970-1977 L'observatoire du Gregnolet à la Tour-de-PeilzL'époque héroïque qui voit les pionniers fonder la SAHL
1970-1977 Derrière les bâches du GregnoletLe télescope newtonien de 20 cm, son miroir, sa monture...
1975 Un observatoire construit près de la Tour Carrée de VeveyLe projet de construction d'un observatoire prend forme...

L'Observatoire du Gregnolet

C'était en 1970. Mon attention a été attirée par une petite note au tableau d'affichage de mon nouvel employeur, "une grande maison de la place". Un certain René Durussel cherchait à entrer en contact avec des personnes ayant de l'intérêt pour l'astronomie. C'était mon cas, je fis donc la démarche.

Nous nous sommes retrouvés à quatre : Pierre Bignens, René Durussel, Vincent Fryder et Carlo Laurent. Jean Rielle nous rejoindra peu après. Ainsi naquit la Société d'Astronomie du Haut-Léman, le 6 février 1970. Le but était de se regrouper autour d'un même centre d'intérêt, de travailler ensemble, de faire mieux connaître cette science et de la promouvoir, particulièrement auprès de la jeunesse.

Nous nous rencontrions au Café du Centre, à la Tour-de-Peilz. Mais l'astronomie ne peut pas se pratiquer uniquement autour d'une table de bistrot. Durussel, qui habitait à l'époque la Tour-de-Peilz, se mit donc en chasse pour trouver un endroit où pratiquer. Les instruments existaient déjà, il les avait fabriqués de ses mains, optiques et montures en bois.

La commune de la Tour, dont le syndic était à l'époque M. André Debétaz, mit à notre disposition un petit local (ou plus exactement une stalle) dans l'ancien stand de tir au petit calibre du Gregnolet (quel joli nom, n'est-ce pas?). Elle nous fit également aménager, un peu en-dessus du local, une plate-forme au propre de 15 à 20 mètres carrés.

C'est donc là que nous nous retrouvions plus près des étoiles, en pratiquant une astronomie sportive. Sportive parce qu'il fallait avant chaque observation "ringuer" les lourds et encombrants instruments, du local à la plate-forme. A dos d'homme, à travers champs, en évitant selon la saison, de fouler les bouses des vaches, nos voisines. C'est aussi à cause d'elles qu'il s'est avéré nécessaire de clôturer notre plate-forme.

Nous étions assez bien situés, en un point culminant, avec un mur de pierres à l'Est et une vue sur La Tour et Vevey, à l'Ouest. Vue charmante mais qui impliquait les nuisances lumineuses de ces deux cités. Pour y remédier, M. Arnold Durussel, sellier et père de René, nous confectionna un jeu de bâches épaisses qui nous permettaient de nous isoler en les accrochant sur des supports en lambourdes. Bâches et supports devaient également être transportés chaque fois entre la plate-forme et le local.

Ces installations donnèrent satisfaction jusqu'en 1977; elles ont notamment permis à bien des collégiens de s'initier à l'astronomie, dans le cadre des cours à options du collège de Vevey.

Vincent Fryder (Courrier de l'Observatoire No 5 / septembre 2000)

Derrière les bâches du Gregnolet

La photographie présente l'instrument principal de l'Observatoire du Gregnolet : un télescope newtonien de 20 cm porté par une monture équatoriale à berceau.

Son miroir est presque une légende à lui tout seul. Un matin que l'étudiant Durussel passait derrière le Palais de Rumine, il avisa un tas de grosses dalles de verre provenant de la démolition de la verrière du toit. L'alarme sonnée, la voiture d'un ami récupéra le stock qui fut entreposé dans le sous-sol de l'Observatoire des Grandes Roches à Lausanne. On monta de bric et de broc une machine pour découper ces dalles que l'on débita en disques de 20 cm. Un certain nombre de miroirs taillés à cette époque l'ont été dans ce verre d'excellente qualité, patiemment recuit par le soleil de la Riponne pendant Dieu sait combien de décennies.

Télescope Newton 200/1200 de l’Observatoire du Gregnolet

Autre strophe du poème: le local où nous exercions nos talents d'opticiens. Au-dessus d'un impressionnant mur en demi-cercle se trouvait l'ancienne Ecole de Médecine. Un des membres de notre groupe d'astronomes lausannois nous avait procuré un accès au sous-sol de cette vénérable institution. Après avoir refermé la poterne donnant sur le virage, on ne parvenait à ce paradis qu'au terme d'un interminable boyau obscur. Notre local de taille des miroirs était une salle étroite, équipée sur toute sa longueur de tables en catelles blanches sur lesquelles les étudiants venaient pratiquer la dissection. Le local attenant était entièrement occupé par d'énormes cuves où baignaient, dans du formol, les cadavres destinés à ces exercices. Même si, à notre arrivée, il ne restait plus rien de ces malheureux pensionnaires, nous avons eu quelques réticences à nous accommoder de l'odeur rance qui subsistait. J'ai hanté ces lieux infernaux en équipe ou seul, de jour comme de nuit: j'atteste n'y avoir vu aucun fantôme. Et j'y ai achevé un de mes meilleurs miroirs!

Après cette incursion dans la préhistoire, revenons à notre photo.

La monture équatoriale a été construite dans l'atelier de travaux manuels du collège de Vevey où j'ai eu, pratiquement dès mon arrivée en 1964, accès libre le mercredi et le samedi après-midi grâce à la bienveillance de mon collègue Georges Pitton et avec l'accord, cela va de soi, du directeur Roland Nicole. J'ai récupéré cette monture lorsque nous avons transporté nos pénates à l'actuel observatoire et elle fait depuis mon bonheur à Chandolin. Révisée il y a deux ans, elle assure le guidage de mes instruments avec une précision que peuvent lui envier les mécaniques les plus coûteuses encore accessible aux amateurs.

Le télescope de 20 cm est toujours en service à l'Observatoire de Vevey, remonté sur une monture azimutale. C'est un de nos meilleurs instruments. Sur la photo, il est flanqué d'un télescope-guide de 125 mm. Remarquez aussi, montée latéralement, la caméra à grand champ. Equipée d'un objectif Xenar 4,5/210, elle donnait d'excellentes photos sur des plaques ou du plan-film de format 9x12. Encore apprécié de certains amateurs, ce type d'appareils a été remplacé par le format 24x36. L'excellence des optiques et surtout la qualité des films, qui ont atteint une haute sensibilité tout en conservant la finesse du grain, ont fait de l'appareil réflex 24x36 l'outil favori des astro-photographes amateurs avant l'apparition de la CCD.

René Durussel (Courrier de l'Observatoire No 7 / avril 2001)

Un observatoire construit près de la Tour carrée de Vevey

Un observatoire astronomique sera construit dans les hauts de Vevey, près de la Tour carrée. Il s'agit d'un projet de la Société d'Astronomie du Haut-Léman, présidée par M. René Durussel, directeur du Collège, projet qui serait concrétisé sur un terrain mis à disposition par la commune de Vevey.

Le projet de construction est présenté par M. Reynald Minacci, architecte, et les plans sont mis à l'enquête depuis hier (17.6.1975), à la Direction des Travaux.

On se souvient...


A suivre...

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Mise à jour : 13.10.2010.